Source: United Nations Stabilization Mission in Haiti (MINUSTAH)
Date: 10 Jul 2009
A l'initiative de la Mairie de Port-au-Prince et avec le support par la communauté d'Agglomération de La Rochelle (France), s'est tenue à la capitale haïtienne le 1er forum des élus locaux de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Il s'agissait non seulement de discuter des défis communs, mais surtout de doter ces mandataires d'outils les aidant à mieux accomplir leur mission.
« Je ne connais aucun maire qui pourrait prétendre que sa commune est riche », a déclaré le Vice-président de l'Agglomération de La Rochelle, Daniel Groscolas, venu de France pour participer à ce forum.
Et, ce n'est pas en Haïti non plus qu'un élu ferait une pareille affirmation. Et pour cause ! La plupart des municipalités du pays font face à de graves difficultés financières et de ce fait arrivent difficilement à satisfaire les besoins de leurs administrés.
Pourtant ces besoins sont nombreux et variés : alimentation en eau potable, éclairage public, accès aux écoles communales, à des centres de santé, à des marchés publics propres et modernes sans oublier bien sûr le droit à un environnement sain. La pression est d'autant plus forte dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince que celle-ci fait également l'objet d'une grande pression démographique.
Malheureusement, assez souvent, les élus locaux ne sont pas assez informés des mécanismes de gestion financière ou encore sont peu imbus des moyens dont ils disposent pour faire face à ces multiples demandes, si l'on en croit le coordonnateur du forum et consultant à la mairie de Port-au-Prince, Joel Ducasse.
Pire, selon lui, les provisions budgétaires octroyées par la loi aux collectivités territoriales ne leur sont versées qu'en partie. Les impôts locaux, particulièrement l'impôt locatif prélevé par la Direction Générale des Impôts (DGI), ne sont pas gérés en toute transparence. Aussi, les élus locaux se retrouvent-ils un tant soit peu aux abois.
«Il y a une gestion inacceptable du Fonds des collectivités territoriales, car l'ordonnancement des dépenses ne devraient pas se faire, comme c'est le cas, par le pouvoir central, mais par une structure décentralisée formée des élus départementaux », affirme Joel Ducasse. Ce fonds, prévu dans le budget du Gouvernement, sert à verser des subventions aux collectivités territoriales.
C'est donc pour « mettre tous les élus locaux au même niveau d'informations quant à ce qui est prévu par les lois et la constitution haïtiennes pour le fonctionnement des municipalités » que ce forum a été organisé. Ceci a donc aussi servi de « prétexte pour rappeler les concepts de décentralisation, de gestion financière et communautaire », a précisé Joël Ducasse.
Aussi, ces deux journées d'échange organisées les 7 et 8 juillet ont-ils donné lieu à des interventions magistrales et à des travaux en atelier devant aboutir à l'élaboration des problématiques ainsi qu'à l'identification des défis communs à relever et de projets. Ces travaux seront présentés et discutés les 10 et 11 juillet aux Assises des maires franco-haïtiens qui se tiendront à Montrouis, une localité située à quelques kilomètres au Nord de Port-au-Prince.
Ce forum a été animé par différents intervenants, dont l'ancien Ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Jocelème Privert, spécialiste en finances publiques, Raul Pierre-Louis, spécialiste en planification urbaine, et Daniel Groscolas.
Les interventions du premier jour visaient les élus des Assemblées de la Section Communale (ASEC), des Conseils d'Administrations des Sections Communales (CASEC) et les délégués de villes. Une quarantaine de personnes y ont pris part. Le second jour était destiné aux élus des conseils communaux, tous membres du Collectif des Maires de la Zone Métropolitaine (CIVITAS).
« Nous apprécions énormément ce type d'initiative qui vise à renforcer le partenariat entre les différentes communes et le processus de décentralisation », a opiné le maire de Carrefour, Yvon Jérôme.
Si l'organisation du forum a bénéficié du support de la communauté de l'Agglomération de la Rochelle, les communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince en bénéficient depuis plus de 10 ans. Ce support a pris de multiples formes : séminaires de formation, voyages inter-communes, échanges culturels etc.
Les mairies bénéficient aussi du support d'autres partenaires internationaux, tels le Canada, les Etats-Unis d'Amérique. La MINUSTAH à travers sa Section des Affaires Civiles apporte également un encadrement considérable aux mairies.
Cet appui se décline en plusieurs aspects. Tout d'abord le renforcement des capacités des élus à fournir des services à la population et à encourager le développement de la commune. Les Affaires civiles fournissent un appui particulier à la mairie dans les domaines de la fiscalité, dans la préparation du budget, dans la gestion des ressources humaines et dans l'administration en générale.
Cet appui va aussi à la formation. Les Affaires civiles organisent des formations de manière à développer de nouvelles capacités, de nouvelles compétences au sein des collectivités de manière à assurer le progrès de la commune.
En ce qui a trait au dialogue communal, cette Section assiste aussi les maires dans l'organisation de rencontres sur le terrain avec des groupes et des secteurs de la population de manière à inclure dans les plans de travail, de développement et de projets prioritaires, les besoins exprimés par la population elle-même. En outre, elle facilite la réalisation de petits projets stratégiques dans les communes permettant ainsi qu'elles puissent résoudre des problèmes ponctuels.
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